Transcription du portrait métier :
« La mène, c’est la première étape d’une course contre la montre qui va décider les heures d’emprésurage des cuves après. Parce que dans le cahier des charges du Beaufort, il faut emprésurer toutes les cuves avant midi. Donc si on est en retard pour la mène, on a moins de chances d’être à l’heure pour respecter le cahier des charges.
(0:19) L’histoire, c’est que j’ai fait mon stage de 3ème à la fromagerie à Bessans. Et c’est un métier qui m’a vite plu, on peut dire que je suis un peu « tombé dans la cuve ». Et puis j’ai décidé d’en faire mon métier.
(0:34) Ce qui me motive à me lever le matin, c’est de valoriser le lait des producteurs, en faire du fromage de qualité, d’être un maillon de la chaîne, et puis d’avoir fait tout ce que j’ai pu pour amener du lait de la meilleure qualité pour les fromagers après.
(0:52) La première mène en bidon, c’était sur la tournée de Termignon. Il y avait une dizaine de producteurs à ramasser. J’y suis allé la veille, avec ma voiture, pour bien repérer toutes les fermes. Et le lendemain, ça s’est très bien passé, les producteurs étaient tous à l’heure, ils étaient contents de me voir, et donc je n’étais pas encore en retard à la fromagerie.
(1:15) Les vaches sont traites le matin et le soir. Et le camion, par contre, ne passe que le matin. Donc la traite du soir est refroidie dans un compartiment du tank, et le lait du matin est mis dans un compartiment séparé, et donc il reste chaud. C’est une contrainte aussi du cahier des charges du Beaufort.
(1:38) Une odeur particulière pendant la mène, l’hiver, c’est l’odeur de l’étable, et l’été, les prairies, ça sent l’alpage, ça sent l’herbe fraîche. J’ai de la chance de faire ça, parce que le lac du Mont Cenis le matin, c’est magnifique. Entre-Deux-Eaux… la vue sur la Grande Casse… c’est magnifique aussi.
La mène, en 2 mots, paysage et montre. »